Le cardère à foulon

(fuller's teasel)

DIPSACUS SATIVUS

 

 

Quel rapport avec le mot "tassel"???

Et bien c'est peut être là que tout commence pour l'origine de ce mot en Angleterre explication:

Le genre Dipsacus (les cardères) regroupe des plantes classées traditionnellement dans la famille des Dipsacacées, plantes herbacées dont font aussi partie les scabieuses (genre Scabiosa). L'espèce la plus connue est Dipsacus fullonum (cardère sauvage, cardère à foulon, cabaret des oiseaux), dont la sous-espèce sativus (aujourd'hui classée comme espèce à part entière) fut longtemps utilisée pour carder la laine. C'est cette particularité qui est à l'origine du nom français cardère attribué au genre. Quant au nom scientifique, c'est un dérivé du grec dipsaô (avoir soif), évoquant sans doute les feuilles caulinaires des cardères, opposées et soudées, formant des sortes de godets qui retiennent l'eau de pluie.

voila pour les présentations!!!Mais quel rapport avec le mot??Si je vous dit qu'en anglais on appel cardère à fonlon:  "fuller's teasel"!!!

 

le mot à voyagé à travers les siècles et les pays. Tout commence par les vikings danois, qui envahissent l'écosse, une histoire raconte ,que quand ils débarquèrent sue les côtes écossaise, ils se firent repérer en marchant sur des chardons, ce qui fit la plante l'emblème de l'écosse.

En norvégien chardon se dit "TISTEL" en danois "TIDSEL",le mot à évolué en Angleterre comme "THISTLE",puis le chardon cardère s'appela "TEASEL",et on arrive à "TASSEL" !!!!

blason d'un chardon(lien direct avec la définition du gland, pompon en anglais, si vous retourner le chardon sur le blason, c'est tout a fait le dessin d'un pompon !!!

alors pourquoi le chardon???

l'histoire dit que c'est à Londres le long des fortifications de la ville ,à la porte appelé "bishopsgate".

A côté de bishopsgate, il y a un endroit qui s'appelait "tassel close", le nom était issue certainement à l'endroit ou l'on stockait, ou cultivait le "teasel",pour les commerçants en textile flamands ou autres. Mais peut-être tout simplement close voudrait dire fermoir, issue du manteau du 12ème siècle. Peut-être que c'était l'endroit ou des marchands vendaient ou fabriquaient le fermoir du manteau, surement en laine tressé à l'époque.

le "tassel close" ou "tasel ground",à été aussi utilisé en 1585,pour entrainer des négociants et autres citoyens à s'entrainer au tir (pistolets...)pour combattre en 1588 l'armada espagnol qui voulait envahir l'Angleterre

Plus tard cet endroit à été utilisé par les fabricants d'arbalètes pour venir essayer leurs armes, et on jouait au "popinjay"et .C'est ainsi que c'est fait la transition entre teasel et tassel .On retrouve donc le terme chez les archers anglais, c'est un morceau de laine tressée, porté à la ceinture pour nettoyer les flèches(la couleur du tissus varie selon le grade).

 

Le chardon à foulon était présent en Normandie dès le 13ème siècle:

 
Citation : Chardon à foulon dont l'en atourne les dras, la charrete doit deux deniers, à asne obole, à col noiant, , Liv. des mét. 290
 

  

extrait d'un livre relatant la culture du chardon à foulon en Angleterre en 1775:

 

Etat général de la culture angloise, ou voyage économique, précédé du parfait fermier, trad. de l'anglois, par M. de Tréville

Publié par Panckoucke, 1775


Les plantes qu'on cultive annuellement pour la nourriture des hommes & des
bestiaux ne sont pas les seules qui fixent l'attention
du fermier ; il en est d'autres dont
la culture n'est pas pour lui d'un moindre
intérêt : ce sont celles qui servent dans nos
manufactures; & entre ces dernières plantes,
le chardon à foulon tient le premier
rang.
Le chardon à foulon , qui est de la plus
grande utilité aux fabricants de draps, le
vend très-avantageusement. Lorsque les manufactures
de drap fleurissaient à Reading:
& à Newbury, cette plante était fort cultivée
dans le voisinage de ces Villes. Depuis
que ces manufactures ont passé plus avant
dans les contrées de l'Ouest, la culture du
chardon les y a suivies-cependant elles doivent varier comme les sols,
& être relatives aux circonstances & au temps
où l'on veut semer. L'Auteur préfère les
anciens pâturages, & il conseille d'y mettre
la charrue dans le mois de Février, de labourer
en planches larges de trois pouces
& de la profondeur qu'on a coutume de leur,
donner pour les fèves , de faire les sillions bien
droits & aussi égaux qu'il est possible , de relever
les planches dans la partie du milieu,
& de répandre du fumier chaud, tel que
celui des volailles, dans le fond des sillions,
entre les planches. La terre peut demeurer
en cet état jusqu'en Avril , qui est la saison
de la semaille.
Dans les premiers jours de ce mois , après
une petite pluie , on passera une herse légère
sur les planches , & on répandra la semence à
la volée , à raison de deux boisseaux par acre

. (herses et rouleaux)


Les foins que cette plante exige durant sa
croissance, sont les mêmes à-peu-presque pour                                                                             
les turnips(plantes potagères); avec cette différence seulement
qu'au second labour à la houe , il convient
d'éclaircir davantage les chardons : dix-huit
pouces est la distance moyenne que l'Auteur
prescrit de laisser d'une plante à l'autre.
On laisse les plantes ainsi éclaircies jusqu'a
la fin d'Août, & c'est alors le temps de leur
donner une nouvelle façon , non pas avec la
houe ordinaire , mais avec une bêche large
de quatre pouces & haute de dix -huit. On
retourne avec cet instrument toute la fur-
face du champ A deux pouces environ de
profondeur , prenant garde surtout de ne pas lasser tomber de terre sur les plantes. Avec
ce labour, les jeunes chardons peuvent passer l'hiver sans autre foin ; mais il avait la
précaution d'en avoir quelques pieds en ré-
serve sur un bout de couche, afin de pouvoir
en repiquer à la place de ceux qui vien-
draient à périr, & de ne pas permettre au
bétail d'approcher de ce champ.
Le labour à la bêche , tel qu'il a déjà été
donné , se répétera sur la fin du mois de Février
suivant; & en Mai, lorsque les plantes
commencent à monter, on leur donnera un
léger labour , en relevant la terre autour des
plantes pour en chauffer les pieds , & les mettre
en état de résister à la violence des vents ,
lorsque leurs tiges sont chargées de têtes. Alors
il ne reste plus rien à faire jusqu'au temps
de la récolte , qui est l'ouvrage du temps &
de la patience , puisqu'on doit couper les
têtes au fur & à mesure qu'elles murissent
Le degré de maturité requis pour" la coupe ,
est lorsque les têtes sont entièrement défleuries ,
& qu'elles commencent à blanchir & à
sécher. Celui qui fait la récolte , se munit de
 gants pour se garantir des épines, & parcourant
les sillions , il coupe les têtes mures
avec une queue de douze ou quatorze pouces ,
pour les lier ensemble par bottes , qu'il
assujettit en terre , au moyen d'une queue
de neuf ou dix pouces plus longue que le
reste ; & la coupe finie , il porte ces bottes
dans un lieu vacant pour les faire sécher. Dans
le comté d'Essex , celui qui fait la récolte , au
lieu de ficher en terre les bottes à mesure qu'il les forme , les attache aux plus fortes
tiges des plantes où elles sèchent , & le soir
il les porte à la maison. Cette méthode paraît
préférable à la première.
La manière de les faire sécher est singulière.
Ou suspend , ou l'on enfile les bottes sur de petites
perches longues d'environ douze pieds ,

Reconstitution en 1959 ,dans le summerset en Angleterre avec des perches un peu plus longues!!


élevées horizontalement à quinze ou seize
pouces de terre ; par ce moyen , l'air , qui
frappe les têtes des chardons de tous côtés les
sèche en très -peu de jours. Il faut observer
de les reporter à la maison le soir , & dans les
temps de pluie, & de jour si le temps est sec,
on les met dehors. Les hangars où l'air circule
librement sont les lieux les plus propres
pour faire sécher ces plantes. Là , les perches
doivent être placées de manière que les chardons
qui y sont suspendus ne se touchent pas.
Les têtes de chardon étant bien séchés, il
est nécessaire, pour les conserver, de les serrer
dans un grenier. On doit préférer celui
de l'étable aux vaches, ou celui qu'on a cons-
truit sur le hangar , sous lequel on fait
manger les bestiaux en hiver, parce qu'on
prétend que leur haleine est propre à brunir
les têtes de chardon & à en rendre le croc
plus fort & plus raide. On les laisse ordinairement
dans le grenier jusqu'au commencement
de Janvier , qui est "le temps de la vente.
Mais; avant de les vendre, on est dans l'u-
sage de les assortir. Pour cet effet , on prend
un lieu spacieux, & le plus communément
les aires de la grange. Là on apporte les bottes ,
on. les délie l'une après l'autre, & on enforme trois classes. Les têtes les plus allongées ,
telles que celles qui croissent sur les principales
tiges , forment la première classe ; celles
qui approchent le plus de la taille de ces
premières têtes , composent la seconde classe ;
on range dans la dernière toutes les têtes
les plus petites & celles qui ont été endommagées.
Toutes les têtes de chardon étant triées,
on en fait des paquets. On commence par
les têtes de la première classe. Dix de ces têtes,
dont six en éventail & quatre dans le
cœur , forment un paquet qu'on lie proprement
avec un brin d'osier. On enfile ensuite
les paquets de la première classe dans des baguettes
longues de 30 pouces & de la grosseur
d'un demi-pouce , & qu'on a préparées en
nombre suffisant. Ces paquets sont suspen-
dus les uns par la tête , les autres par la queue
alternativement, & l'on en met 25 à chaque
baguette, à laquelle on les assujettit avec un
lien d'osier. On en fait autant des têtes de
la troisième classe ; mais les paquets de la seconde
classe sont composés de vingt têtes ; on
les suspend à des baguettes de trois pieds de
longueur, trente à chacune. Ce n'est qu'après
cette préparation qu'on les expose en vente.
Trente baguettes de la première classe &
de la troisième , avec quarante de la seconde
font une balle de chardons à foulon.

le sèchoir

Récoltés au mois d'aout , les chardons sont sèchés en gerbes, dans des abris construits à cette intention.

Le sèchoir est en fait une grangette assez étroite qui s'appuie généralement à l'un des murs de la ferme par soucis d'économie.Il se caractérise par de nombreuses petites baies qui percent les murs.

Leurs rôles est évident, provoquer une importante circulation d'air, et faciliter le sèchage qui durera trois mois.Construit en briques ou en pierre, ou les deux.

Le sèchoir s'étage sur deux ou trois niveaux, desservis à l'intérieur par des échelles.

Au dessus des poutres maitresses, de nombreuses lattes sont disposées à claire-voies, auxquelles pendent les chardons liés en bottes.

De cette façon ce dispositif ingénieux, oppose un minimum de résistance à la circulation de l'air.Une fois sèchés les bottes sont vendues sur le marché, où la vente est des plus rémuneratrices.

Le dernier sèchoir à chardon connu,se situe en belgique à Soiron, construit vers 1836.

 

PEIGNE  A draper'il s'aperçoive qu'il s'est formé assez de duvet : les chardons en roulant sur la marchandise , se chargent de bourre. Quand ils en ont trop , on a une carde sur laquelle on les roule , ce qui s'appelle débourrer.

vitrail datant de 1460

Les LANNEURS, Pareur ou Licheur (Teaseler en anglais)
Jean d'Orléans, maire de Rouen, fit en 1358 des statuts
pour les lanneurs de drap , dont le genre de travail nous
est rappelé par le ' gracieux dessin d'une des stalles de la
Cathédrale. Ils tiraient la laine du fond de l'étoffe afin de la
rendre plus moelleuse et plus chaude ; ils se servaient à
cet effet d'un manche de bois sur lequel étaient montées
des brosses de chardons à drap( broissier le cardon, brosser le chardon) sortes de globules épineux
que les lanneurs nommaient brosses à laine. La culture
de ces chardons était très-active et très-importante dans
les environs de Rouen. Comme ils étaient indispensables aux
lanneurs de drap, un arrêt de 1689 défendit de les transporter
hors du royaume sans un congé légal et après avoir
acquitté un droit de dix livres par balle de cent cinquante
livres. La récolte en ayant été très-abondante en Normandie,
en 1715, on réduisit ce droit à quatre livres la balle

.

Le dessin de cette salle à été réalisé Mr Langlois en 1838,tiré de son livre.

Cette stalle à disparue, lors du bombardement de la cathédrale de Rouen en 1944.Les stalles de cette cathédrale date de 1460 environ, elles ont été réalisé par des artisans de la région, et de Flandres.

 

 


 

 

 

Carte de France ,où l'on cultivait le chardon à foulon

La Hulotte – numéro 62

La première machine vers 1800 ,utilisant  les chardons à foulons

machine à lainer en Belgique.

 

Cette machine est toujours visible au musée de Trowbridge en Angleterre

Et pour finir avec le chardon à foulon, on peut regarder sur une encyclopédie de fleurs sauvages en regardant à "dipsacus fullonum ",on s'aperçoit que géographiquement on retrouve cette plante que dans ces pays: Grande-Bretagne, Irlande, Belgique, Hollande, France, Allemagne et Danemark !!!

 

 Au XIXe siècle les machines à lainer comportaient encore des peignes en cardères. Cette utilisation déclina, la cardère ne fut plus utilisée que pour des marchés de niches (étoffes particulières) puis sa culture cessa. En 1983 on pensait que cette variété avait complètement disparu quand quelques graines purent être retrouvées chez le dernier semencier spécialisé.

lainage du drap à Elbeuf (76)

                             

Autre terme à" foulon", la terre, ou argile smectique:

 

Terre à foulon definition d'Emile Littré au 19ème : argile qui sert à dégraisser les draps. Il [Bomare] ne fait pas une mention particulière de la sorte de terre à foulon dont on se sert en Angleterre pour détacher et même lustrer les draps ; il est défendu d'en exporter, et cette terre est en effet d'une qualité supérieure à toutes celles que l'on emploie en France, où je suis persuadé néanmoins qu'on pourrait en trouver de semblable, BUFF. Min. t. VII, p. 141, dans POUGENS.

 

Dictionnaire raisonné universel d'histoire naturelle: contenant l'histoire des animaux, des végétaux et des minéraux, et celle des corps célestes, des météores, et des autres principaux phénomènes de la nature; avec l'histoire des trois règnes ... une table concordante des noms latins ...
De Jacques Cristoph Valmont de Bomare, Valmont-Bomare (Jacques Christophe)
Publié par Chez Bruyset frères, 1791

EXTRAIT/

 

TERRE A FOULON, Argillafidlonum. Espèce d'argile
fine ou de glaise , quelquefois feuilletée , souvent sans
figure déterminée , savonneuse à l'œil , grasse , onc-
tueuse , douce au toucher , devenant polie étant
frottée avec l'ongle , s'étendant entièrement dans
l'eau , où elle se dissout en partie & produit une
espèce de mousse & quelques bulles savonneuses qui
s'étendent au-dessus de lu surface de l'eau ; elle a
même quelques propriétés du savon. On se sert de
la terre à foulon , qui est toujours trop rare , pour
fouler les étoffes de laine ; il y en a de plusieurs
couleurs. On trouve cette espèce & argile ou de marne
très-glaiseuse , en fouillant certaines terres , même au
bord de quelques collines escarpées ou d'un ravin.
On appelle marne à foulon une terre qui s'emploie
quelquefois dans les Manufactures d'étoffes de laine ,
pour nettoyer & repomper toute l'huile nécessaire
à la préparation des étoffes de laine. Cette terre fait
un peu d'effervescence avec les acides : les Foulonniers
l'utilise peu. On retire «une grande quantité d'excellente terre à '
foulon de certaines sortes proche de Brick -Hill en
Staffordshire , province d'Angleterre , de même que
près de Riégata en Surrey , proche Maidstone ; dans
le Comté de Kent , près Nutley & Petworth; dans le
Comté de Sussex , près de "Wooburn en Bedforshire ,
& dans l'Isle de Skie en Ecosse. On fait que cette
terre, est absolument nécessaire pour bien préparer les
draps ou les étoffes de laine ; c'est pourquoi les Etrangers
qui peuvent faire venir clandestinement des
laines d'Angleterre , ne peuvent jamais atteindre à la
perfection des draps de ce même Royaume , sans
cette terre à foulon , qui est la meilleure qu'on con-
naisse en Europe & dont les Anglais sont fort jaloux :
c'est l'unique raison qui a déterminé à en faire une
marchandise de contrebande ; & les Voyageurs com-
merçants savent que les peines  établies contre
ceux qui transportent de cette terre en pays étrangers ,
sont les mêmes que pour l'exportation des laines.
Dans la province de Surrey on creuse la terre à
foulon en forme de puits , dont les côtés sont sou-
tenus comme ceux des mines de charbon. Entre
Brick-Hill & Woburn est une grande bruyère qui
couvre les collines où se trouve cette même une. :
le trou est considérable & creuse en forme de cône
renversé , où l'on distingue sensiblement la couleur
& l'épaisseur des différentes terres qui l'accompagnent.
Sous la surface de la terre, à un pied de profondeur,
est une couche de sable fin , jaune - rougeâtre , de
l'épaisseur de neuf à dix pieds ; ensuite pendant trente
à quarante pieds il y a divers lits de sable gris &
blanc; plus bas une couche de deux pieds &
demi de sable gras mêlé de veines rougeâtres ; puis un
pied de terre médiocrement grasse , encore un peu
sableuse ; enfin la terre à foulon pure pendant sept à .
huit pieds. Ce banc de terre à foulon est distingue en
différentes couches : l'assiette de ces bancs est sur un plan horizontal ; on lés fouille à la pioche. Cette
terre est d'une couleur gris - verdâtre : cette teinte se
détruit à l'air , mais la terre y devient dure comme
du savon.
En certains endroits de la France , &c. on fait
un très-grand usage d'urine à la place de terre à foulon.
qui ne serait peut - être pas introuvable dans ce
Royaume ; car il est très-vraisemblable , dit M. Bourgeois,
qu'un pays aussi vaste ne manque pas de terre.
à foulon ; & il est surprenant , dit -il, qu'on n'ait
pas employé plus de soins jusqu'a présent pour en
découvrir , & que les Sociétés d'Agriculture & de
Commerce ne se soient pas occupées de cet objet,
qui mériterait certainement leur attention ; car les
draps dégraissés avec de l'urine , ne sont ni aussi beaux ,
ni aussi doux , ni aussi durables que ceux qui sont
dégraissés avec une bonne terre à foulon , & ils ont
d'ailleurs moins de corps. Nous devons cependant dire
ici qu'on se sert de terre à foulon dans la plupart de
nos grandes Manufactures , surtout à Louviers. La
terre à foulon a encore la propriété d'accélérer la végétation
des plantes & d'améliorer les terrains.
Quand elle est mélangée dans le vinaigre , elle dissipe
les boutons ou les pustules, les élevures, &c. ; elle
guérit les brûlures & arrête les inflammations.

 
Ce Mémoire sur la terre à foulon , par M. Bourgeois ;
Mémoire qui est inséré dans les Mémoires de la Société
Economique de Berne

Autre citation, vers 1840:
L'argile smectique, ou terre à foulon, est onctueuse, grasse
au toucher, se délite facilement dans l'eau et se réduit en
une bouillie qui a peu déliant. Elle sert à enlever aux étoffes
de laine l'huile qu'on emploie dans leur fabrication; à cet
effet, on les foule avec une certaine quantité de cette argile
et d'eau. Telles sont les argiles de Hampshire , en Angleterre,
et celle de Vire (département du Calvados)

On retrouve cette terre à foulon dans d'autre endroits de Normandie :au pré-d'auge près de Lisieux, Courtonne à l'est de Bernay, celon des écrits du 19 ème siècle.
 

citation de voltaire en 1734 sur l'industrie anglaise:

Dans la Lettre X, intitulée "Sur le Commerce", Voltaire fait l'éloge du commerce anglais, des ses bienfaits et de ce qu'il a apporté à la nation anglaise. Selon lui, le commerce a contribué à la liberté du peuple anglais, et cette liberté à elle-même contribué à l'essor du commerce. C'est également le commerce qui a donné à l'Angleterre sa très grande richesse, et sa très grande puissance navale (« C'est le Commerce qui a établi peu à peu les forces navales par qui les Anglais sont les maîtres des mers. »), malgré son apparence plutôt pauvre (« qui n'a de soi-même qu'un peu de plomb, de l'étain, de la terre à foulon et de la laine grossière »). Mais dans cette lettre, Voltaire en profite aussi pour faire la satire des nobles allemands et français, qui manquent d'intérêts pour ce type d'entreprise. Pour Voltaire, la noblesse n'a pas forcément un grand rôle à jouer, contrairement aux négociants qui « contribuent au bonheur du monde »


Les Cardes de Fullers ont été probablement  largement cultivées, en Angleterre dans Gloucestershire et Wiltshire pour la laine Cotswold et la récolte seulement dans une partie de Somerset, près de Taunton. Au Moyen Âge le Cotswolds était connu partout en l'Europe comme l'endroit ou l'on trouve la laine la meilleure.  Les marchands sont devenus riches et ont dépensé beaucoup d'argent dans des édifices, églises,maisons luxueuses, comme la Maison de Grevel dans l'Ébrèchement Campden. À ce moment-là 50 % de l'économie de l'Angleterre étaient issue de la laine.

 
Les moutons firent la richesse de cette région.

Aux 14è et 15è siècles, elle était très recherchée par les drapiers flamands.

 

* FOULON, ou FOULONNIER, s. m. (Draperie) ouvrier que l'on emploie dans les manufactures pour fouler, préparer, ou nettoyer les draps, ratines, serges, & autres étoffes de laine, par le moyen d'un moulin, pour les rendre plus épaisses, plus compactes, & plus durables.
La fonction des foulons, chez les Romains, était de laver, nettoyer, & de mettre les draps en état de rendre service ; ils jugeaient ce métier d'une si grande importance, qu'il y avait des lois formelles qui prescrivoaient la manière dont cette manufacture devait s'exécuter : telle fut la loi metalla de fullonibus. Voyez aussi Pline, l. VII. cap. lvj. Ulpian, leg. xij. ff. de furtis, l. XIII. §. 6. Locati, l. XII. §. 6. ff. &c. Chambers.
  * FOULON, terre à foulon, c'est ainsi que l'on appelle une terre fossile, grasse, & onctueuse, abondante en nitre, qui est d'un très-grand usage dans les manufactures d'étoffes de laine.
Elle sert à nettoyer ou à écurer les draps, les étoffes, &c. à repomper toute la graisse & toute l'huile nécessaire à la préparation des étoffes de laine.
On tire une grande quantité de terre à foulon de certaines fosses proche Brich-hill en Staffordshire, province d'Angleterre, de même que près de Riegata en Surry, proche Maidstone dans le comté de Kent ; proche Nutley & Petworth, dans le comté de Sussex, & près de Woburn en Bedfordshire.
Cette terre est absolument nécessaire pour bien préparer les draps ou les étoffes de laine ; c'est pourquoi les étrangers qui peuvent faire venir clandestinement des laines d'Angleterre, ne peuvent jamais atteindre à la perfection des draps d'Angleterre, &c. sans cette terre à foulon.
C'est la raison qui a déterminé à en faire une marchandise de contrebande : il y a les mêmes peines établies contre ceux qui transportent de cette terre en pays étranger, que pour l'exportation des laines.
Excepté en Angleterre, on fait partout un très-grand usage d'urine, au lieu de terre à foulon ; cette terre abonde en sel végétal, qui est fort propre à accélérer la végétation des plantes ; c'est pourquoi M. Plot & quelques autres la regardent comme un des moyens les plus capables d'améliorer les terrains. Quand elle est dissoute dans le vinaigre, elle dissipe les boutons ou les pustules, les élevures ; elle arrête les inflammations, & guérit les brûlures.

un moulin à foulon en Normandie dès 1226

C'est au moyen âge qu'apparurent trois des quatre moulins du village. Placés sur la rive gauche de l'Iton, ils utilisaient la force hydraulique de la rivière pour moudre le blé en farine.
Deux d'entre eux appartenaient au seigneur d'Amfreville, le troisième à celui du lieu-dit voisin : "Les Planches".

L'Iton était en effet la propriété de ces seigneurs pour la part qui traversait leurs domaines. Ils y avaient droit exclusif de pêche et d'y faire tourner des moulins...
Les trois moulins étaient banaux, c'est à dire que les Amfrevillais devaient obligatoirement y faire moudre leurs blés moyennant le paiement d'une redevance.

Situations et dates de construction.

D'amont en aval, on trouvait d'abord le "moulin d'Amfreville" puis le "moulin de Quatremare". Ils sont mentionnés pour la première fois dans une chartre médiévale datant de 1325.
Le troisième, le "moulin des Planches", est cité dès 1226.
C'est au XVIIe siècle, seulement, qu'apparut le premier moulin à foulon que Guillaume Guyot, seigneur d'Amfreville, installa sur la rive droite de la rivière, en face de son moulin à blé, le "moulin neuf". on cite qu'en 1224,on autorisa les bourgeois de Rouen à prendre de la terre à foulon dans la foret de Roumare.

Peut être que cet événement amena le seigneur  à construire son moulin deux ans plus tard.

Plan de situation du moulin

Qu'est-ce que le foulonnage ?

Le foulonnage consistait à dégraisser les draps de laine dans l'eau de la rivière.
Pour cela, on plaçait l'étoffe dans une cuve remplie d'eau et de terre glaise, puis elle était frappée succéssivement par trois paires de pilons mues par la force hydraulique.
Cette opération, en feutrant les fils de laine, apportait aux draps une douceur particulière. A Amfreville, on travailla surtout la laine d'agneau, plus aisément feutrable.

Grandeur et déclin.

L'industrie lovérienne atteignit son apogée au XVIIIe siècle...
Dans la ville, sur les bords de l'Eure, les places devinrent rares : les moulins à blé, à tan et à draps se disputaient la moindre chute d'eau...
Cette saturation de la rivière, associée à la recherche d'une certaine qualité des eaux, incita plusieurs fabricants de Louviers à venir fouler les draps à Amfreville.
Dés lors, les offres alléchantes des industriels précipitèrent la disparition des derniers moulins à blé. Les habitants d'Amfreville durent apporter leurs blés aux moulins des villages voisins...
A partir de 1830, l'activité drapière déclina. Les grands manufacturiers déménagèrent et les moulins changèrent plusieurs fois de propriétaires.

Gruchet

Gruchet, est une curiosité géographique, que j'ai pu constater.

 J'ai constater que le nom Tassel est associé à ce nom de lieu.

Dans la plupart des cas et suivant la situation géographique du nom en haute Normandie, le nom de lieu Gruchet est presque à chaque fois au même endroit que le nom TASSEL

Alors pourquoi???

Ma thèse est la suivante:

Le mon de lieu "Gruchet",ou plutôt "cruchet ",veut dire une petite croix.

C'est un élément très intéressant car dans les dictionnaires méthodique du 18ème siècle, l'on explique le mode de fabrication des peignes à chardon, et l'on explique que c'est sur une petite croix en bois, que l'on fixe les chardons.

A mon humble avis ce nom de lieu serait à l'origine un endroit ou l'on fabriquait les petites croix en bois comme support pour les chardons à foulons.

Voila quelques villes en haute Normandie ou l'on trouve un Gruchet:

Ailly, Plasnes , St Denis le Ferment, St Paul sur Risle, Mesnil sur Blangy, Tourville la rivière, Arques la bataille, Vibeuf, Gruchet le Valasse, Gruchet st Simeon.

Si vous connaissez d'autre nom de lieu portant le nom de Gruchet écrivez moi ça m'intéresse !!!

 

 

 

 

 

 

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