Origines du mot et du nom "TASSEL"

La ferme de Bertheauville


Je dédie ce site à mon oncle Jean....


Je remercie aussi Bernard pour son aide...



Bertheauville


Un charmant petit village dans la vallée de la Durdent, non loin de Cany Barville.


ecole bertheauville



LA FERME EN 1868


C'est ce que l'on appelle le clos-masure ou cour-masure.

Il se présente sous la forme d'un clos, délimité par un talus planté d'alignements d'arbres, à l'intérieur duquel se répartissent la maison d'habitation et les bâtiments agricoles. La cour est plantée de pommiers de "haute-tige", plusieurs mares y sont dispersées.


En partant du haut à gauche vers la droite : la grange, boulangerie et charronnerie, bergerie, distillerie (crée en 1863, production annuelle d'alcool de 159 hl) et pressoir, silos à betteraves, maison d'habitation, volaille, jardin, grange, écurie, vacherie, grange et un autre bâtiment, derrière les arbres, une charterie. La ferme possède aussi un four à chaux situé plus loin.



Histoire de la ferme :

Cette ferme appartient en 1868 au comte Charles de Béthune Sully.

Il tient cette ferme de sa mère Anne Albertine Montmorency-Luxembourg, qui la tenait aussi de sa mère Armande Becdelièvre.

Cette lignée remonte de famille en famille depuis fort longtemps, et appartenait à la base, à la famille Martel, elle fut unie à la seigneurie de Quévilly avec Hocqueville en mai 1654, par Catherine Martel qui en fut don à son mari Pierre Becdelievre.




Les propriétaires que ce soit les Martel ou Becdelievre travaillaient à la cour des comptes de Rouen.

C'est le fils de Pierre Becdelièvre, Louis qui construisit le bâtiment de l'actuelle ferme en 1733.


Louis DE BEC-DE-LIÈVRE, Ier du nom, marquis de Cany et de Quévilly, né le 20 août 1687, rendit hommage au roi de ces seigneuries en 1733, et mourut le 4 novembre 1740. Il avait épousé, le 9 mai 1711, Emérique-Thérèse-Marc de la Ferte, fille de Charles, seigneur de Reux, et de Marie Amiot ; 2.° le 15 avril 1713, Marie Anne Costé de Saint-Suplix, fille d’Alexandre, seigneur de Saint-Suplix, et de Marguerite le Biais ; 3.° le 3 mai 1717, Anne-Henriette-Catherine Toustain, fille de Jacques-Nicolas, seigneur de Herbeville, et de Madeleine-Angélique de Lannoy ; et 4.° le 24 juillet 1723, Marie-Madeleine de Houdetot, morte le 4 septembre 1761, fille d’Adrien-Joseph, marquis de Houdetot, et de Madeleine de Challons.


Mais la ferme doit être plus ancienne que 1733, puisqu'un document datant de 1654, repris dans l'ouvrage "archives généalogiques de la noblesse vol 6", nous décris les biens de Pierre Bec de lièvre en 1654, extrait :


"Possède deux autres belles terres et seigneuries tenues de nous à cause de nostre dite vicomté de Caudebec : l'une, appelée d'Hocqueville, assise dans la paroisse de Cany, au hameau dudist Hocqueville, et l'autre, de Bertranville, en la paroisse dudist Bertanville, proche de la première; lesdittes deux terres bien logées de toutes sortes de bâtiments, et plantées, à cause desquelles il a aussi plusieurs hommes et vassaux qui lui doivent de grands cens et rentes en deniers et oyseaux, et grand nombre de terres en labour; lesquelles terres de panche de chèvre, Gaillarbois, d'Hocqueville et de Bertranville, ledict sieur de Becdelièvre nous auroit requis unir audict fief du Grand Quevilly, et le tout créer, ériger, et élever en titre et dignité de marquisat, estant, par le moyen de ladicte union desdictes terres et fiefs, le revenu plus que suffisant pour soutenir ledict estat et dignité du marquis;"


"tous les vassaux et tenants dudict marquisat, tant nobles que roturiers qui en dépendent, soient tenus de lui rendre leurs hommages, adveux, denombrements et reconnaissances soubs ledict titre dignité de marquis, en ses plaids et gaige plèges qu'il pourra faire tenir en son manoir du Grand Quevilly, pour les teneurs dudit marquisat dans ladict paroisse; et pour les teneurs d'Hocqueville et de Bertranville, en son manoir de Bertranville.."



Plan de la ferme vers 1820 :

ferme en 1825



LES ROQUIGNY

Le domaine à Bertheauville est affermé par période de neuf ans, et c'est à partir de 1854, qui correspond à l'arrivé des Roquigny que la ferme commença à se distinguer.


LE mari de Mme Roquigny, fabriquant d'huile à Fécamp, décède en 1848. Issu d'une famille bourgeoise, il laissa sa femme et ses deux enfants Jules et François quitter Fécamp pour Bertheauville.

C'est Jules qui à partir de 1862 resta seul à l'exploitation de Bertheauville.


Mr Rocquigny a annexé vers les années 1860, 10 hectares de prairies situés à Paluel, à l'embouchure de la vallée de la Durdent, à 9km.

Les prairies lui permettent d'augmenter ses ressources fourragères sans avoir à en acheter.

En 1865 Jules épousa sa cousine germaine Marie Maurouard avec qui il aura 5 enfants. Jules était aussi maire de Bertheauville entre 1855 et 1876. Il sera distingué par son travail remarquable de la ferme en 1868 :


"La prime d'honneur a été décernée à M. Jules Roquigny, fermier d'un domaine de près de 138 hectares, à Bertheauville."


"En étudiant les documents fournis sur l'exploitation de ce domaine, on sent qu'il est aux mains d'un homme instruit, qui a des idées et qui trouve en lui les moyens de les faire fructifier."


Prime d'honneur : un objet d'art de 3500 fr, plus 5000 fr en espèce.


Ce titre lui sera donné par Napoléon III à Rouen le 1er Juin 1868.


On peut citer aussi, sur l'exploitation, Pierre victorien Delaune, berger; Jean Baptiste Niel, charretier; Frumence Tannay, distillateur; Eugène Goulet, garçon de cour; Isidore Servin, Vacher; Honorine Tannay, journalière et cuisinière.


Un événement tragique quatre ans plus tard stoppa cette réussite, le décès de sa femme en 1873 après la naissance de leur dernier enfant.

Jules quitta la ferme en octobre 1876 pour Petiville ou il sera maire de 1884 à 1888 , il décèdera en 1891 à l'âge de 61 ans...

devoir de rendre au moins ce bref hommage à ses vertus, et de le recommander aux prières des âmes chrétiennes.


Autre extrait datant de 1889 :


BERTHEAUVILLE. Le dimanche 26 mai, dans la charmante église de Bertheauville, se pressaient les paroissiens et les nombreux fidèles des communes voisines, venus pour assister à une pieuse cérémonie : l'inauguration du maître-autel offert par M. l'abbé Lenoble, ancien curé de la paroisse.



LES TASSEL

C'est ici que depuis l'an 1876, l'histoire de la famille Tassel s'est écrite, depuis l'arrivée de Henry Nicolas Tassel. En fin de bail de fermage à Tourville-les-Ifs près de Fécamp, il vint s'installer ici avec sa femme et ses sept enfants.

Henri est originaire de la région de Lillebonne, il se maria en 1857 à Toussaint avec la fille du maire de Toussaint, Maudestine Baudard.



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La ferme en 1900



UNE HISTOIRE DE MAIRE


Le premier Tassel installé en 1876, c'est  Henri Nicolas, il se présentera comme maire et sera élu dès 1891.

Son fils Léopold lui succédera en 1896, puis viendra Pierre, Jean et Olivier, dernier maire jusqu'en 2014.

Soit 123 ans de mandat ! (juste à noter qu'il y a eu quelques remplacements à ce poste pendant la guerre 39-45)

A Bertreville aussi, puisque Auguste le fils d'Henri, sera maire en 1895 jusqu'en 1910, la ferme de Bertreville appartient maintenant à son arrière petit fils Jean Paul.


Voici un texte relatant le décès d'Auguste en décembre 1910 (extrait de la semaine religieuse diocèse de Rouen) :


BERTHEAUVILLE.

La semaine dernière, une foule nombreuse conduisait à sa dernière demeure, M. Auguste Tassel, maire de Bertreville, ancien président du Conseil de fabrique de Bertheauville. Cet homme, très connu et estimé comme cultivateur dans cette région, fut un homme de bien et un chrétien exemplaire. Son caractère, sa loyauté, sa droiture lui avaient gagné beaucoup de Sympathies. Au dire de ses serviteurs, il savait être juste et récompenser le travail ; il savait surtout être bon, venir en aide aux malades et aux pauvres. Croyant convaincu, il fut depuis 25 ans, dans le Conseil de fabrique et dans le Conseil paroissial, un précieux auxiliaire pour les prêtres de Bertheauville tant par ses conseils que par sa générosité. À la mort de M. l'abbé Dclmaire, on ne sut mieux comparer son dévouement qu'à celui d'un frère. M. le doyen de Cany, qui a officié toute la journée, a prononcé une allocution dans laquelle il a fait un juste éloge du zélé donateur, auquel l'église doit son ornementation pleine de goût, et notamment le maître-autel, en chêne sculpté , qui en est le digne couronnement.


Il a rendu également hommage au zèle de l'ancien maire, M. Tassel Henri, et à l'artiste habile et consciencieux qui, dans le plan et l'exécution de cette œuvre d'art, en harmonie avec le style de l'église, a si bien interprété la pensée du donateur. Aux Vêpres, l'assistance a été heureuse d'entendre la parole de M. le curé d'Angerville, et de prendre part aux chants religieux dirigés avec talent par M. le vicaire de Grainville.


A la fin de la cérémonie, M. le curé de la paroisse, digne continuateur de l'œuvre de M. l'abbé Lenoble, a remercié les personnes qui avaient bien voulu prêter leur concours à la fête.

Une quête fructueuse a été faite par Mme Tassel, accompagnée par M. le conseiller général du canton.




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La famille TASSEL vers 1930 à Bertheauville




L'ancêtre du tracteur !

Le fermage :

En pays de Caux, le fermage est le mode de faire valoir dominant. Les propriétaires n'exploitent pas directement leurs terres, ils les afferment c'est à dire qu'ils les louent à des fermiers. Jules Sion relève dans les statistiques de 1892, concernant la Seine inférieure, que seulement 24% des superficies agricoles cultivées appartiennent aux fermiers qui les exploitent. Bien que chaque fermier coure le risque d'être expulsé dès qu'arrive la fin du bail, il arrive que plusieurs générations d'une même famille de fermier se succèdent sur les terres d'un même propriétaire. Et c'est le cas pour les Tassel puisque nous en sommes à la cinquième génération présente à Bertheauville soit 138 ans !!


Le domaine à Bertheauville est affermé par période de neuf ans, il se situe à cheval sur le plateau et une petite vallée sèche. "Les terres arables couvrent les pentes les plus douces; les bois et les terres landeuses ou couvertes de joncs marins (ulex europeus) occupent les terrains les plus médiocres et situés sur les rampes les plus fortes". C'est une situation très favorable à la pratique d'une agriculture mixte à cette époque. Sur les terres incultes, on prélève le jonc marin qui servira dans l'alimentation du four à chaux et du bétail. Dans les herbages et les prairies humides de fond de vallée, on met les moutons ou bien on fait du foin pour le bétail en hiver.


La ferme produit du blé en grande partie et d'autre céréales.


Elle possède en 1868 environ 50 vaches, 500 moutons et 20 chevaux. les fumures produites par le troupeau permettent d'engraisser les terres et de produire du blé.



Répartition des parcelles cultivées et des prairies sur la ferme de Bertheauville.




Liens

Geneanet.org : Généalogie


Gallica.bnf.fr : La ferme de Bertheauville (extrait de "Primes d'honneur dans les concours régionaux en 1868")